Alain et son Brin de Folie

Lionel nu


Lionel est arrivé comme prévu, avec six bonnes bouteilles de vin et un jambon du pays. La traversée retour sera quand même plus facile avec lui (avec Yoyo, pas avec le jambon). En attendant, nous profitons encore un peu des Antilles.

D’abord, la Guadeloupe où Lionel a découvert la forêt tropicale et les massifs coralliens. J’ai trouvé bien des différences entre la Martinique et la Guadeloupe bien que je ne sois pas resté assez longtemps dans cette dernière. Alors je reste prudent sur mon jugement.

La route maritime vers St Barth ne fait que 100MN (185Km). Il nous a fallu trente heures pour les faire. Alizé mollissant puis violents orages avec un vent fort dans le pif. Pour finir le tableau, pluie continue pendant 12 heures et parfois une visibilité réduite. A bord tout est trempé quand nous arrivons de nuit dans un mouillage encombré et agité à Gustavia, « capitale » de St Barth. C’est cher, bien bétonné, très chic, hors taxe, très blanc, bien propre et tout petit. Si t’as pas un 4x4, t’es un con !



Après une touche loupée et un hameçon disparu, nous remontons un superbe thon qui doit faire dans les 10Kg. Du steak pour plusieurs jours. Il a mordu un leurre souple rouge et blanc lesté de 50g et traîné 35m derrière le bateau à 5-6Nds. Un fusible en fin fil de pèche tendu assure le ferrage alors qu’un mètre de sandow diamètre 8mm amorti les efforts et préserve le bas de ligne de 2-3 mètres en nylon de 80/100. Surtout ne pas hésiter à investir dans des émerillons « haut de gamme » à billes. Le poisson est toujours achevé par une rasade de rhum versée dans ses ouies. Cela évite de transformer le cockpit en bain

, posté Le Lundi 25 Avril 2005


Evolution de l'étude


 Nouvelle version, évolution de l'étude et mise à jour en pièce jointe. Beaucoup de détails et de dimensions ont changé en fait.

Doc

, posté Le Jeudi 14 Avril 2005


Christophe et Nathalie


Par hasard, dans les rues de St Pierre, j’ai retrouvé Nathalie avec qui je faisais de la moto en 1992-93. Elle fut victime d’un grave accident de la circulation à cette période et n’a jamais remarché.

Avec son mari, Christophe le rasta, et leur fils de 4 ans, ils viennent tous les ans passer l’hiver dans leur résidence secondaire en Martinique. Je suis très content d’avoir réussi à embarquer une paraplégique et de lui avoir fait passer une bonne journée en mer.



Le gosse et le père semblaient également enchantés. Tout c’est très bien passé. Christophe a porté Nathalie dans l’annexe après l’avoir équipée de mon harnais de parapente que j’utilise pour travailler dans le mât. Nous avons amarré l’annexe contre le Popote. La bôme a servi de grue. Le palan de GV a monté Nathalie sans effort. Moi au palan et Christophe pour lui tenir les jambes, la guider puis l’asseoir sur son coussin anti-esquarres. Au début, je l’ai installé sur un banc du cockpit. Puis au prés, nous l’avons placé le cul au fond du cockpit dos contre l’entrée. Avec la chaleur, son gamin sur elle et une moins bonne vision de l’horizon, Nathalie a eu un léger mal de mer qui ne dura qu’une dizaine de minutes (juste avant d’entrer au mouillage de la baie du trésor).



Elle a eu tout de même le temps de tester un excellent sac Air France (pratique et pas cher, à récupérer après chaque vol...) Mais cette place n’est donc pas la meilleure. Repas de midi à l’ombre du taud, cadre calme et reposant de cette réserve naturelle, baignade et blablabla. Je n’ai su que plus tard qu’elle avait fait du dériveur et de la planche à voile à Baye avant son accident. Malgré ses refus, je lui ai donné d’autorité le stick de barre. Concentrée et appliquée, elle a barré comme une reine pour le retour. La fois suivante, je l’ai installé et sanglé correctement dès le départ derrière la barre d’écoute pour qu’elle nous conduise tout le long. C’est toujours agréable de constater que bien souvent les filles (femmes ?) ont un meilleur touché de barre que les hommes. Malgré une expérience limitée (merci Baye et les Settons) et assez lointaine, Nathalie immédiatement a su faire du près dans une mer agitée puis tenir un cap impeccable au portant alors que le popote y est plutôt instable. Le débarquement s’est déroulé sans problème. J’ai eu énormément de plaisir à partager Le Popote avec eux. L’expérience est très enrichissante. Si je peux, j’aimerai recommencer l’embarquement d’handicapés à Ajaccio. Nathalie a un peu souffert physiquement. Il est fatigant de se cramponner avec une seule main tout en barrant de l’autre. L’idéal serait de disposer d’un siège baquet en polyester permettant d’amarrer confortablement le buste et de rester serein lors des mouvements parfois brusques du bateau. Le poste reste fixe à chaque virement de bord. La gîte doit donc être compensée par une angulation du siège de + ou 15°. Enfin, il faut pouvoir mettre le siège sur l’autre bord lors de la pause déjeuné afin que la personne qui s’y trouve ne souffre pas, à la fin de la journée, d’avoir eu en permanence la tête tournée du même coté.



La traversée est prévue pour la fin de ce mois. J’imagine mettre 4 semaines pour atterrir aux Açores, y passer une semaine de repos puis rallier directement Ajaccio en 2 semaines. Il reste une semaine de battement s’il faut se planquer en méditerranée pour laisser passer un coup de vent.

En partant de Guadeloupe, escale possible à Antigua si problème puis je pense faire presque plein Nord jusqu’à 30°N. Une petite courbe, une courbette, puis cap Est Nord Est. 2700 Milles sur l’orthodromie. 120 L de gasoil. 300 L d’eau. Les coffres pleins à ras bord de victuailles. Ca fait 4500 Milles de Guadeloupe en Corse soit 42 jours de mer à 4.5 nœuds de moyenne ou 54 jours à 3.5 nœuds de moyenne. C’est une donnée habituelle en condition méditerranéenne. La température de l’air comme de la mer devrait baisser d’une dizaine de degrés pendant la première semaine. L

Je vais encore avoir le temps de réfléchir à mes vacances d’été.



Du nouveau dans l’itinéraire.

J’ai été bien optimiste ou prétentieux sur le nombre d’escales pendant ce voyage. J’en ai prévu beaucoup trop. Cela ne sert à rien de partir pendant une petite année si c’est pour se comporter comme le touriste moyen : à peine arrivé et déjà il faut repartir. Ce qu’il faut, je crois, c’est bien profiter, bien prendre le temps de s’imprégner des lieux sans pour autant s’enraciner. Je regrette déjà de ne pas être allé au Cap Vert tout comme je vais regretter Cuba, les Bahamas, la Floride ou le Portugal. Et alors ? Il faut en laisser un peu pour le rêve et la découverte lors d’un prochain voyage. Le bateau est un mode de transport lent. Rien ne sert donc de vouloir aller vite. Je me suis trompé sur ce point et la seule conséquence est d’avoir acheté inutilement trop de cartes, trop de documents et d’avoir payé une assurance bien cher pour toutes ces destinations rêvées où je n’irai pas ce coup-ci. Dans quelques jours viendra le moment du rdv avec Lionel. Il arrivera le 17/04 à Pointe à Pitre, Guadeloupe. Nous aurons peut-être le temps de remonter et de profiter des petites Antilles mais l’objectif est clair. Etre à Ajaccio au début juillet maximum. Lionel doit y commencer sa saison de charter.


Alizé de biz

, posté


Sans bouquins


 Bonjour,

Je suis toujours à La Trinité (cote Nord-Est Martinique). La vie est belle et simple. J’étudie mon futur prao de loire. La proximité de Jeremy m’apporte beaucoup. La conception est longue mais passionnante. Dommage que je sois aussi mauvais en mécanique et en math. Sans bouquins, je suis incapable de calculer les efforts et les sections des matériaux. Un prof en vacances ne vaut rien! Alors j’imagine, j’extrapole les bateaux des autres, je pifomaitrise. Je vérifierai les dimensions cet été quand j’aurais retrouvé ma bibliothèque.

Autour du 12/04, je quitterai la Martinique pour la Guadeloupe et y retrouver Lionel le 17/04.

Alizé de biz

, posté Le Vendredi 08 Avril 2005


Prao de Loire


Centre d’architecture navale du Popote, mouillage de La Trinité, Martinique.


Il est conçu pour un bassin de navigation spécifique allant de Nevers à La Charité. Mais il devrait pouvoir élargir son rayon d’action ;-) au moins jusqu’à Sancerre ! C’est le fruit de mon expérience du canoë, de la planche à voile, des praos de Jean-Pierre MASLOUP et de la rencontre de Jeremy FISCHER (prao 40 pieds « équilibre » http://www.fwiproa.com ).

Le bateau est conçu pour des sorties à la journée. Grâce à sa capacité de charge il est adapté au camping itinérant de plusieurs jours. La surface des trampolines de 1m² permet de placer idéalement le poids du matériel de camping. En sortie à la journée par belle brise, cet emplacement offre un rappel efficace et sportif. Le tirant d’eau est très faible : 10 à 13cm suivant la charge. Cette faible valeur est primordiale pour la zone de navigation.

Caractéristiques principales :  6 m de long, 3 m de large ; gréement de planche à voile 7,4 m² recyclé ; poids 50 kg à vide ; capacité de charge 230 kg, construction sandwich bois époxy, coût des matériaux : 300 €. La coque asymétrique à 30 %, fait 50 cm de large et à peine plus de haut. Les étraves rappellent le style canoë et accueillent le pied de vergue. Les entrées d’eau sont fines mais le volume limite le tirant d’eau et la longueur à la flottaison est maximum. Le flotteur fait 2m50 de long, 105 litres, 25 cm de large et 30 de haut. Son poids est de 4kg.

La coque est construite en « strip planking » sur mannequin femelle. Le pont aussi. La stratification extérieure se fera donc sans reprise. C’est un sandwich bois époxy très performant et durable. L’âme est en lattes de sapin du jura de 8mm (ep) x 25 mm bouvetées et scarfées. Une bande de kevlar protége le fond de la carène des rayures. Une stratification d’un tissu de verre unidirectionnel de 200 g/m² intérieur et extérieur assure le rôle de la peau du sandwich. Le bras de liaison est un sandwich ctp 3 mm/balsa en bois debout 12mm /ctp 3 mm. Le tout est assemblé à l’époxy puis stratifié avec un tissu de 200 g/m². Le flotteur est en ctp 5mm imprégné d’époxy puis cousu collé. La finition est assurée par une laque bi composante mais l’intérieur sera laissé brut pour le plaisir des yeux sans la corvée régulière du vernis.
La durée de vie de l’ensemble doit approcher les trente ans. Il n’y a pas actuellement de possibilité de recyclage des matériaux utilisés en fin de vie. La construction utilise un maximum de bois locaux. Seul le bras utilise un volume de 6 litres de balsa.
Le gréement est sensiblement équivalent à un Pince de Crabe. Un hauban va de la poignée de whisbone au petit flotteur. La variation de la longueur de ce hauban (via un palan 4/1 intégré sous le bras) décale latéralement le gréement pour déplacer le centre de poussée vélique. Le bateau se dirige ainsi et se passe de safran ou autre appendice frein. Pour abattre, le gréement s’incline au vent. Il apparaît alors une composante verticale vers le haut qui soulage les coques. Le prao vole au dessus des flots Le tirant d’eau et la surface mouillée s’en trouvent bien heureux. Pour un changement immédiat de direction, le marin utilisera sa pagaie comme un gouvernail. Lorsque le vent est absent, les pagaies simples prennent le relais. Le gréement peut se ranger dans la coque après une pause de 5 minutes sur la berge. Actuellement, une voile moderne de planche est ce qui se fait de mieux dans le rapport prix/performance. La vergue est un mât standard qui sera avantageusement choisi en carbonne. Le pied de vergue est réalisé à partir d’une balle de tennis. Elle assure une liaison rotule démontable (à chaque virement) avec l’étrave. Un bout « va et vient »  permet le cheminement. Le mât est fixé sur le bras par un diabolo standard de fun board. Une rallonge de pied de mât de 50cm permet de régler sa hauteur (h moyenne : 2.80m). Cette valeur définie l’équilibre du prao. Elle varie avec la charge et la taille de la voile.
Il y a deux sièges très ergonomiques, style siège de faucheuse, moulé en polyester car on a toujours mal aux fesses après une journée de canoë. Ils se retournent et se déplacent longitudinalement sur une longueur de 1m50 pour faire varier la position du centre de gravité et équilibrer le bateau.

C’est un bateau amphydrome. Il va donc aussi bien dans un sens que dans l’autre. Le petit flotteur doit toujours rester au vent. C’est un prao « pacifique ». Il ne vire pas de bord mais s’arrête et repart sur l’autre amure.

En cas de choc, le bras peut pivoter autour de la coque. Il est maintenu par deux chevilles dont la résistance au cisaillement est calculée. Des volumes de flottabilités (chambre à air) aux étraves assurent l’insubmersibilité.
Le bateau est transportable sur le toit d’une voiture moyenne. Il est démontable. Le flotteur et le gréement se rangent à l’intérieur de la coque. Les éléments séparés sont d’un poids très maniable. Il faut 20 minutes pour passer du toit d’une voiture à la mise à l’eau. Une roue s’installe rapidement sous le bras pour la mise à l’eau par une seule personne et le déplacement à terre du bateau monté.
Une version « ethnique » avec le gréement traditionnel Pince de Crabe est facilement réalisable.

Caractéristiques :
Longueur   6m
Largeur     3m
Bau de la coque  50 cm
Coque asymétrique 30%,
Franc bord   50 cm

Le tirant d’eau :  10 à 13 cm suivant la charge
Poids lège   50 kg
Capacité de charge  230 kg
Insubmersible
Catégorie  D

Gréement de planche à voile 7,4 m² recyclé
Construction amateur sandwich bois époxy

Coût des matériaux : 500 € hors gréement.
Accessoires : Roue de portage, pagaies simples, bidons étanches.
Architecte, constructeur, pilote d’essais : Alain BARINET

, posté


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Lu !

, posté Le Mercredi 06 Avril 2005

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