Alain et son Brin de Folie

Samedi 29 août 2003


Jeudi et vendredi, nous avons navigué sous spi et parcouru une bonne distance grâce à une moyenne honorable. C’était drôle de voir tous ces voiliers au moteur parce qu’ils n’ont pas de spi ou qu’ils ne savent pas s’en servir. Aux allures proche du vent arrière, le génois se trouve déventé par la grand-voile si bien que le bateau avance moins vite qu’à des allures plus prés du vent. Il y a aussi le vent apparent* qui diminue. A moins d’avoir un spi, voir de tangonner le génois et de mettre les voiles en ciseaux. Cette dernière solution reste moins efficace que le spi tout en étant tout même plus simple à mettre en œuvre. Le locataire ou le propriétaire moyen mettra le moteur en marche. C’est dingue le nombre de beaux voiliers que l’on peut croiser voiles affalées et moteur en marche alors que les conditions seraient parfaites pour profiter du vent.

Mais aujourd’hui, nous restons sagement dans un joli petit mouillage de l’île de la Maddalena, au nord est de la Sardaigne. Le vent souffle force 7 d’ouest. C’est notre direction pour traverser les bouches de Bonifacio. Après s’être fait arroser et copieusement secoué ce matin, j’ai préféré faire demi-tour pour attendre sagement que le coup de vent passe. Les prévisions météos ne sont pas fameuses. Nous aurons peut-être une petite fenêtre pour passer demain. Dans du vent fort et une mer formée, le Popote n’est guère talentueux au prés. On tire des bords carrés tout en se faisant secouer. La carène n’a pas été prévue pour ça. Peu efficace et encore moins agréable. Je préfère m’en passer. Sandrine est toujours d’accord pour privilégier le confort à bord.

Le Nord est de la Sardaigne est magnifique. C’est un bassin de navigation fabuleux. Alors, malgré la saison presque finie, il y a beaucoup de monde en bateau. Nous avons tout de même réussi à trouver des mouillages où nous étions seuls. Celui de la nuit dernière, par exemple, était fameux. Complètement protégé, la mer y était parfaitement plate. Nous nous sommes aperçus à la nuit tombante qu’il y avait un chenil pas très loin. Plus tard le boum boum d’une discothèque était parti pour toute la nuit. Vraiment charmant.

J’ai fait une grosse bêtise en mouillant ce soir. Une bêtise qui coûte cher et qui aurait put coûter encore plus cher. Alors que l’ancre touchait le fond, j’ai donné l’ordre à Sandrine d’enclencher la marche arrière. Le moteur a alors calé. Un bout (corde) s’est enroulé autour de l’hélice. Il a fait des dégâts. La chaise d’arbre est partiellement dé-stratifiée, ce qui a produit une très légère voie d’eau. Un suintement par de la résine époxy spéciale qui durcit même sous l’eau. Ce qui est particulièrement rageant c’est que le bout vient de mon cockpit. Il sert au réglage du spi. Je l’avais lové après l’affalage du spi mais mal rangé. Un coup de vent l’aura mis à l’eau. Le deuxième point rageant c’est que c’est la deuxième fois que ce genre d’incident m’arrive et que j’avais entièrement refait la stratification de la chaise d’arbre à l’automne dernier. C’est à refaire. Imbécile.

* Vent apparent = vent vitesse + vent réel. C’est une addition vectorielle.

Le vent vitesse est créé par la vitesse du bateau.

, posté Le Vendredi 29 Août 2003


Mercredi 27 août 2003...


Nous avons quitté Arbatrax ce matin à 4H00. C’est un peu tôt pour avoir les yeux en face des trous ! Mais j’ai toute la journée pour siester. Nous avons 60 milles à parcourir pour arriver dans le premier mouillage qui risque d’être abrité. Il est facile et sûr de rentrer dans un port de nuit. Mais mouiller de nuit, je n’aime pas ça.

Au mouillage devant le port d’Arbatrax, j’ai vu le baromètre chuter de façon anormale, le ciel et le vent ne me plaisaient pas. Pourtant les prévisions météos n’annonçaient rien de grave. Quelle bonne idée j’ai eu de rentrer sans tarder dans le port ! Trente minutes plus tard le vent et la mer auraient rendu le mouillage bien inconfortable. Le vent est monté à 40 nœuds dans les rafales, les éclairs et la pluie rendaient sinistre le coin. Bonne intuition pour ce coup-ci. La méditerranée est vraiment capricieuse et changeante. Le coup de vent a duré 5 heures. Il est reparti comme il était venu.

Le port d’Arbatrax est entouré d’immenses grues. Il y a une plate-forme pétrolière en construction. C’est un impressionnant assemblage de tubes métalliques. Certains ont un diamètre d’environ 5 mètres. Un joli meccano pour géant.

La marina est encastrée entre le port de commerce, le chantier naval et le port de pêche. Et elle s’en sort très bien. Le lieu est parfaitement entretenu, conçu et décoré avec goût. L’accueil a été parfait. Pour 24 heures amarré à un ponton avec eau et électricité coûte 24€ pour un bateau comme « Le popote » qui mesure 9 mètres.

, posté Le Mercredi 27 Août 2003


Lundi 25 août 2003.




Nous sommes arrivés à Arbatax, port protégé par le cap Bellavista, ce matin à 1h00 en ayant quitté le mouillage du cap Carborrara (prés de Villasimius) à 10h00. Cela fait 63 milles. En fait le cap Carborrara est la pointe sud-est de la Sardaigne et le cap Bellavista se situe au milieu de la côte est.

Il fait toujours aussi chaud et souvent très humide. Je n’ai pas l’impression de m’y habituer. Je continue à transpirer à grosses gouttes.

La navigation fut confortable mais le vent fut trop souvent faible. Le moteur a ronronné pendant 8 heures mais j’ai quand même put envoyer le spi quelques temps. La météo semble vouloir se dégrader malgré l’absence de prévisions défavorables. Le baromètre chute lentement mais sûrement et le ciel c’est couvert. Nous allons nous amarrer au port pour pouvoir aller en ville sans angoisse. Je n’aime pas laisser mon bateau en mouillage forain (sur son ancre) sans surveillance. Surtout quand je crains une possible modification du temps.

Enfin je vais pouvoir me connecter sur le net. Savez vous que cela me manque ?

Je garde encore l’espoir d’obtenir ma mise en disponibilité à la rentrée. Mon inspecteur peut encore me trouver un remplaçant. Je le contacterai dès notre retour en Corse. Le bateau fonctionne parfaitement. Il est prêt. Moi aussi et j’ai trop peur de ne plus l’être l’année prochaine. Je peux encore faire le départ fin septembre. Certaines étapes seront simplement supprimées ou raccourcies.

Arrivédairtchi.

, posté Le Mardi 26 Août 2003


Samedi 23 août 2003.


Mais pourquoi, dès que la plage est un peu occupée par des parasols dans la journée, faut-il qu’il y ait obligatoirement une discothèque ou un concert pour nous emmerder la nuit ? Ce fut encore le cas cette nuit.

Heureusement le vent ne portait pas le son dans notre direction. Mais enfin quelle plaie ! Nous sommes en train de traverser le golfe de Cagliari. Nous n’irons donc pas dans cette grande ville.. Il nous reste de la bouffe et nous préférons les mouillages forains.. La seule chose qui me manque, c’est une connexion Internet. Suis-je devenu dépendant de cette technologie ?



Il y a très peu de vent et nous l’avons dans le nez. La traversée représente 24 milles. Actuellement nous avançons à sec de toile, au moteur, à 3,5 nœuds. Si rien ne change cela fera quand même 7 heures de moteur. Mais j’ai bon espoir. Le vent change tellement vite ici et les prévisions de météo France me sont favorables. J’obtiens les prévisions deux fois par jour grâce à un petit récepteur BLU. C’est Monaco Radio, un service de diffusion pour les marins, qui émet le matin à 7h15 et le soir à 18h30 TU. La réception est parfois difficile et demande d’installer à chaque fois une antenne filaire de 7 mètres. Ensuite le réglage fin de la fréquence est très sensible. La voix, un peu déformée, donne tout de suite un sentiment de voyage au grand large. Sinon, le bulletin météo de France Inter ne couvre pas la zone dans laquelle nous sommes. Et sa réception est souvent de bien mauvaise qualité en grandes ondes. J’écoute parfois les infos sur RFI en ondes courtes. La fréquence varie en fonction de l’heure mais souvent la réception n’est pas très stable. Il n’y a aucune publicité et les reportages semblent de qualité. Mais leur sujet préféré est l’Afrique. Certainement qu’il s’y trouve beaucoup de leurs auditeurs.

 

Le temps de t’écrire un peu et le vent s’est établi. Il est sud sud-ouest et nous marchons à 4, 3 nœuds au prés sous régulateur d’allure. Tu sais cet instrument qui pilote seul la barre en tenant un cap par rapport au vent apparent ? Mer belle. C’est le bonheur.

, posté Le Samedi 23 Août 2003


Jeudi 21 août 2003.


Tu parles d’un mouillage tranquille ! Un groupe de rock a joué jusqu’à 3h00 et nous avions le vent qui nous portait parfaitement le son. Et après ça, j’ai vomi le restant de la nuit. En nage, avec des frissons et un mal de crâne percutant, il était impossible de se rendormir. Je ne sais pas ce que j’ai eu. Le lendemain à 14h00 j’étais d’attaque. Nous avons nagé pendant une bonne heure.. Il y avait une sacrée quantité de poissons avec une grande diversité. Dommage que je n’aie pas un vrai caisson étanche pour l’appareil photo. Quoique je ne sois pas certain du résultat. Après cette baignade, nous avons mis le cap à l’est. Mouillage à Porto Zafferano dans le sud est du cap Teulada. Situé entre le golfe Di Palmas et celui de Teulada, tout cela est à l’ouest de Cagliari.

La nav’ d’hier fut assez excitante avec des pointes dépassant les 7 nœuds puisqu’il y avait environ 6 Beaufort, une mer peu agité et que nous étions vent arrière.

, posté Le Jeudi 21 Août 2003


Mardi 19 août 2003.


Nous quittons CarloForte et l’île de San Pietro. Nous sommes allés, hier soir, dans un petit restaurant « cucina tipiqua » très agréable. Le menu de la mer etait fabuleux mais beaucoup trop copieux. Il y en avait pour deux mais j’ai quasi tout mangé. Une entrée à base de thon salé, une deuxième avec des pâtes fraîches et une sauce à la crème, aux herbes et au thon, deux darnes de thon rouge à la tomate, un autre plat d’une darne très fine de thon blanc à l’huile d’olive, des frites pour accompagner puis un désert. J’ai aussi pioché, juste pour goûter, dans les assiettes de Sandrine qui avait pris un menu différent mais tout aussi copieux. Une sorte de gâteau que l’on trempe dans un marc à 30° env. Le tout arrosé d’un vin blanc sec Sarde et d’eau plate bien fraîche. Le restau était discretement climatisé et joliment décoré.

Trop mangé. Deux cent mètres après le restau j’ai Vomi dans la mer tellement mon ventre était gonflé. Ai-je bien respecté les traditions de l’Italie antique ? ( Rumeur mystifiante colportée par les péplums US..:-)
Sandrine était en pleine forme. Je comprends mieux pourquoi les Sardes sont plutôt bien gras.

Il a encore fait 27°C et 68% d’humidité cette nuit à 5H00 du mat’. Je me suis réveillé en nage.

Sur les trois nuits que nous avons passé à Carlo Forte, nous en avons passé une amarré à un ponton privé. 25€ pour 24h00 et une débauche d’eau douce. Les réservoirs sont remplis, les coffres de bouffe aussi, les batteries sont chargées à bloc, le frigo est le plus froid possible, l’intérieur et le pont du bateau sont propres, les fringues aussi. Ouf ! Retour aux mouillages sauvages.

, posté Le Mercredi 20 Août 2003


Vendredi 15 août 2003.


Ce matin le départ vers le sud a été rapide et le déjeuner a eu lieu en nav’. Nous avons touché juste une demi-heure de vent. Carlo forte est en vue et nous aurons eu tout le long une mer totalement plate. Pas un poil de vent. Cinq ou six dauphins se sont donnés en spectacle. Avec des sauts et toutes sortes de jeux. Mais aucun n’a encore atterri dans ma casserole. La température à l’intérieur du bateau est de 37°C. Je dégouline. Le moteur ronronne à 1500 t/min et ne consomme que 1,5 litres à l’heure en nous propulsant à 4,5 Nœuds. Le bruit est supportable mais à la longue, cela use.

, posté Le Vendredi 15 Août 2003


Jeudi 14 août 2003.


Finalement l’arrivée sur l’île aura été bien ventée. Nous avons franchi le 40 ème parallèle Nord à 6 nœuds. L’île est déserte mais une multitude de petits bateaux moteurs viennent l’envahir pour la journée. Nous avons tout de même passé une soirée et une nuit calmes et tranquilles. Ce matin, dans la pétole, l’eau était si claire que l’on aurait pu croire toucher le fond de la main. Mais il y a quand même dix mètres de fond. Nous attendons que la brise thermique daigne se lever pour faire les 10 MN qui nous séparent du cap S. Marco.

, posté Le Jeudi 21 Août 2003


Mercredi 13 août 2003.


Nous avons fait une belle ballade sur le fleuve en le remontant sur environs 3 Km. Cela change mais le bruit et les vibrations du petit Yamaha ont eu raison de nos têtes. Rien ne vaut le canoë pour ce genre de navigation.



Aujourd’hui, encore une petite nav’ puisque nous ne ferons qu’une vingtaine de milles. Malheureusement le vent ne semble pas vouloir se lever et les voiles pendouillent lamentablement. Le mouillage prévu pour ce soir sera l’île Mal di ventre dans le nord-ouest du golfe d’Oristano. Cela fait plusieurs jours que les mouillages sont trop près de plages fréquentées avec les nuisances qui vont avec : Jet Ski, ski nautiques, boites de nuit et promène couillons qui te frôlent pour te faire coucou.

, posté


Sardaigne


Bonjour

Aujourd´hui vendredi 8 août 2003, nous sommes au mouillage de l´Asinara dans le Nord-Est de la Sardaigne. L´eau y est turquoise mais l´endroit est pas mal fréquenté. Lorsque j´y etais passé, il y a deux ans, il m´avait semblé y être quasi seul. Mais il vrai que c´était au tout début juillet.
Nous sommes partis sur un rythme de croisière très tranquille : une journée de nav´ puis une de glandouille au mouillage. Il fait, tu t´en doutes, très chaud. Mais le vent et les baignades rendent supportables la météo. Par contre cette nuit, il faisait 26°C et 88% d´humidité dans le bateau. Là c´est déjà beaucoup plus difficile pour passer une bonne nuit.
Je suis bien content d´avoir installé des panneaux solaires. Nous bénéficions maintenant pleinement du petit frigo qui tournait, avant les panneaux, seulement quand le moteur marchait. L´isolation du frigo ne doit plus être bien bonne car il se met en route souvent et il pompe 7,5 A en 12V. C´est beaucoup pour un petit compresseur et un volume d´environ 54 litres. L´ordinateur est aussi à bord. J´ai enfin réussi à lui connecter le GPS. Il m´aura fallu 4 mois !  Grâce à un logiciel de navigation et à une cartographie numérisée, nous nous localisons de façons très précise et facile. Cependant, je continu le travail classique sur carte papier et je garde l´oeil ouvert. Je pense que le risque de ce système est de rester scotché à la table à carte devant son écran sans voir ce qu´il se passe dehors.
C´est un vrai bonheur de pouvoir écrire tranquillement du Popote et de manipuler l´appareil photo numérique sans avoir à courir après un cybercafé. Dès que l´on accostera, j´enverrai le tout en même temps.
Hier un faucon est venu se reposer pendant une bonne demi-heure dans les barres de flèche alors que nous étions au large.

Samedi 9 août 2003. 93% d´humidité cette nuit dans le bateau. Il est midi, la température est de 34°C et l´humidité de 73%. Je ruisselle. Nous sommes en mer, vent arrière, avec 3 beaufort et une mer belle. Le bateau avance à 5 noeuds dans ces conditions parfaites. Les voiles sont en ciseaux avec le génois tangoné. Nous pensons passer la nuit au mouillage de port Conte dans l´Ouest d´Algero.  Nous avons croisé des dauphins ce matin.
A 16h00 l´humidité est descendue à 33% et la température est montée à 36°C. C´est la première fois que je ressent et que je constate une telle différence d´humidité en 12 heures. C´est impressionnant et physique.

Dimanche 10 août 2003. Nous venons de jeter l´ancre derrière le port d´Algherro. Cela fait une semaine que nous n´avons pas posé le pied à terre et dans une « vraie » douche. Pourtant nous ne manquons pas d´eau douce à bord et nous pouvons nous laver plusieurs fois par jours. Moi j´ai envie de voir les Sardes, de trouver un cybercafé et de me promener à la fraîche sur les remparts du port puis dans la vieille ville.
Désole pour les photos. Y a cet ordi sarde qui n'en veut pas !

A bientôt.

Alain

, posté Le Lundi 11 Août 2003

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