Position préférée dans la cabine avant ou dans le carré. Pour lire, siester, réfléchir (bof !), écouter, mateloter ou coudre et beaucoup dormir. J’ai bien fait de remplacer toutes les mousses par de vrais matelas en latex ou en bultex découpés au cutter. L’enveloppe est ensuite recousue à la main. Avec des draps sur mesure, merci mamie, rafale de coussins et une toile anti-roulis assez haute pour toujours se sentir bien dans son lit, c’est là que l’on passe le plus de temps sur un bateau.
Dans le petit temps, fini le moteur. On fait route à la voile grâce à son poids moindre et à l’absence de la bande anti-UV lourdaude et dégueulasse. Dans la brise, il est possible de remonter au vent grâce à des voiles bien plates qui ne présentent pas un creux reculé et un centre de poussée vélique trop haut placé. Le poids non négligeable et mal placé de cet enrouleur ne joue pas en sa faveur. C’est une sécurité élémentaire que de pouvoir remonter un vent fort en méditerranée. Sur un bateau plus grand le problème de manipulation devient aussi plus important. Hé oui, petit bateau, petits soucis ! Bref, l’enrouleur est super pour un voilier fortement motorisé qui n’hésitera pas à brûler du gasoil par petit temps ou pour remonter la brise. Et c’est quand même, bien malheureusement, la tendance actuelle. Le ton monte, il s’élève.
Pendant la transat retour, 9 jours à remonter le vent dans une mer formée ont montré les limites de l’étanchéité du bateau. Ce n’est pourtant pas la première fois que je faisais du près. La durée transforme une micro fuite en gros problème. Le pain a vite moisi, les fruits aussi, tout le vaigrage et quelques vêtements présentent des traces de moisissures.
Pour les mails depuis le large, j’ai utilisé un GSC100 de Magellan. Il fonctionne avec le réseau Orbcomm. Son emploi demande une bonne interprétation de la notice pas toujours claire. Le fournisseur de service est totalement nul pour le SAV. La fiabilité du système est perfectible. Le faible coût du matériel et des communications compense ces défauts. 420€ d’investissement puis 26€/mois pour un forfait de 10 mails en émission et de 30 en réception. Le nombre de caractères est limité. Les messages ressemblent à de gros SMS mais cela fonctionne au milieu de l’Atlantique… Le bidule est autonome en énergie, se recharge sur le 12V et sert de GPS de secours. Je le range systématiquement dans le sac étanche à embarquer en cas d’abandon du navire. Pluri fonctions. Qui dit mieux pour ce prix ?
Que du bonheur cette année sabbatique. J’ai rencontré beaucoup de jeunes retraités, toujours sympathiques, à bord de leurs Amel ou autres « voiliers à moteur » dont le pont est un empilement de jerrycans de gasoil avant la transat’ retour. Au moteur, un voilier de 11 mètres marchant à 6 Nds et consommant 2,5 litres à l’heure aura une consommation spécifique de 25litres aux 100km… Même en parcourant les trois quarts de la distance sous voiles, cette consommation reste encore élevée, supérieure à 6 litres aux 100 km Ces pratiques sont d’un autre âge. Celui de l’inconscience et de la croissance à tous prix. Consommer moins d’énergie, moins de saloperie, c’est profiter davantage de la vie tout en permettant aux futures générations de rire aussi. La simplicité volontaire est la clef de l’existence de mon année sabbatique. Faut-il attendre d’avoir tout pour profiter la retraite venue ou se contenter de moins pour profiter tout de suite de la vie ? J’ai choisi la joie de vivre. A mon retour j’espère travailler à temps partiel afin de continuer sur la même lancée. Avoir des idées, des convictions et surtout les mettre en application, c’est parfois difficile mais toujours riche. Pour moi, le mot développement durable est un oxymore. Son concept est une arnaque. L’équation développement = croissance = augmentation de la consommation énergétique me semble tout le contraire de l’écologie. Tais toi. Tu nages à contre courant.
Juste avant le départ, j’ai investi dans une annexe neuve. Une AX2 Bombard à plancher gonflable. C’est ma troisième annexe. Celle-ci, la première neuve, offre un bon confort dans le sens où j’ai enfin fini de passer mon temps à coller des rustines et à recoller le tableau arrière ou le plancher. Et j’ai arrêté de regonfler continuellement mes petits boudins. Elle est légère et se range rapidement et assez facilement. Mais les flotteurs sont d’un diamètre trop faible. Alors dès qu’il y a 10 Nds de vent et 15cm de clapot, tu es mouillé. Au ¾ de sa capacité de charge, la moindre vague peut embarquer par l’avant. La stabilité peut être mise en défaut lors des manœuvres au moteur. Par contre il est toujours facile d’y embarquer. Le moteur est un vieux Yamaha Malta 2T de 3cv. Il démarre au quart de tours mais j’ai du démonter le carburateur 5 ou 6 fois pour le nettoyer malgré un jerrycan propre. Pénible. Seul dans l’annexe, sans vent de face, elle déjauge et le rapport consommation / distance parcourue semble intéressant. Sinon, on se traîne et il faut penser à remplir le petit réservoir intégré tous les jours. Cela a représenté 5l de mélange / semaine de mouillage forain. Moi qui me déplace en ville uniquement en vélo, c’est beaucoup trop à mon goût. L’ensemble annexe + moteur sera, dès mon retour, remplacé par un kayak gonflable ou pliable. Je suis preneur de toutes infos à ce sujet
Budget moyen pour la vie courante depuis le départ : 1000€ par mois en comptant les frais d’assurance, de bateau (entretien courant, révision de la survie) et surtout un aller et retour Martinique – Ajaccio en avion pour les fêtes de Noël. J’ai loué un véhicule toutes les trois semaines et mangé à l’extérieur deux fois par semaine en moyenne. Nous avons vécu à deux sur ce budget pendant deux mois. Budget délirant pour le « yacht classique » Le Popote. Depuis son achat, en semi épave, il y a cinq ans, j’ai dépensé en moyenne 750€/ mois en comptant l'acquisition et tous les frais. De la place de port à l’assurance en passant par le moindre rouleau de scotch, tout est consigné et fait peur. Le total est de 44 000€. Le prix de revente du bateau pourrait actuellement être de 18 000€. Jamais un artisan* n’a touché au bateau depuis que je l’ai. J’ai passé beaucoup de temps à travailler dessus. J’estime ce temps à 1000 heures. C’est le prix à payer pour partir confiant avec un bateau bien préparé et bien équipé. Pour mon salaire, ces dépenses furent possibles grâce à la suppression du budget de logement (loyer, factures d’eau et d’électricité, impôts locaux), du budget automobile et à la réduction des sorties. * Merci à eux. Je les consulte quand je ne sais pas comment faire. Mes demandes ont toujours été bien reçues
La température antillaise rend naturel le déshabillage. Et en plus, tu as moins de lessive à faire. Le bonheur. En nav’, idem et tu es sûr de ne pas choquer les voisins. Reste à partager ça avec les équipiers. Attention, à bord, on se retrouve vite dans des positions pas croyables sous le nez de son équipier. Il faut seulement être tranquille même quand il y a du sport.
Il serait dommage de se passer de toute cette technologie abordable. Le risque est de rester planté devant son écran sans regarder dehors. Danger !
La réception des cartes fax météos via un petit poste BLU (Sony ICF-SW7600GR) apporte beaucoup au large. Le RTTY est facile à réceptionner en méditerranée. Les calculs de marée se font seul. Toutes mes photos et mon courrier sont ainsi gérés. L’ordinateur est devenu pour moi un outil indispensable à bord. La société Rom Arrangé est d’un service impeccable. Ils sont très compétents, serviables et assurent un service après vente de premier ordre. A recommander sans réserve : http://www.romarrange.com/
Seul, le problème ne se pose pas. Le réveil sonne toutes les vingt minutes pendant la nuit. Dans la journée, j’espère que les collègues veillent et je dors deux fois 1h30. Avec un équipier qui découvre la plaisance (coucou Robi) il est nécessaire d’établir un roulement pour enfin pouvoir dormir. Ce n’est pas simple car il faudra de toute façon être sur pieds rapidement. On ne peut rien demander d’autre à un pur débutant que de veiller les cargos et de les relever. Et c’est déjà bien. Avec un marin professionnel comme Yoyo, c’est tout autre chose. Les manoeuvres sont immédiatement plus faciles et plus rapides. Pour la veille, nous avons profité de ma petite expérience en solo. Je commence la nuit. Entre 2h00et 3h00 du matin, il se réveille seul et me remplace jusqu’à 7-8h00. Les quarts se font naturellement suivant l’état de fatigue et les conditions. L’important est de ne pas interrompre un cycle de sommeil. C’est simple et souple. Il faut seulement se connaître un peu et prendre le rythme. Cela vient vite. Je ne suis pas sûr que cette méthode soit applicable dès que l’on est plus nombreux. Au large, l’homme de quart peut dormir autant qu’il le souhaite tant qu’un double tour d’horizon et qu’un coup d’œil au GPS est donné toutes les vingt minutes.
Alors là attention. On atteint des sommets de malhonnêteté. Pour porter la capacité en gasoil de 20 à 110 litres, j’ai choisi du haut de gamme bien distribué localement (Vetus via Accastillage Bernard). Le modèle choisi est translucide et rentre parfaitement dans un coffre en lieu et place de l’ancien réservoir. Le kit de raccordement fait sérieux. Le tout est cher mais on se sent en confiance. Le montage est simple. Je suis entièrement satisfait jusqu’au jour où je me retrouve dans une mer agitée, sans vent, avec 1/3 du plein. Le réservoir n’est pas cloisonné conformément à la norme française vu ses dimensions. Le gasoil se déplace tellement à l’intérieur du réservoir que les désamorçages se succèdent les uns après les autres. Réamorcer toutes les 15 minutes un circuit de gasoil dans une mer agitée est une expérience passable. Par chance cela ne m’est jamais arrivé lors d’une entrée de port tumultueuse
Prise de contact avec Vetus France : voyez le distributeur. Accastillage Bernard daigne me répondre après plusieurs mois, une dizaine de mails et autant de coups de téléphone. Alors que je cherche vainement une solution technique, le technicien SAV Vétus, M. MIRONE, me conseille de garder le réservoir plein. Gag ? Donc courrier avec accusé de réception et la totalité des échanges écrits par mails. J’envoie en plus une copie à M. HARRIS, responsable SAV. Aucune réponse. Re téléphone : j’ai peut être une solution technique perso. Une prise de carburant par gravité sous le réservoir avec un petit volume tampon. Trois raccords de plomberie et un peu de durite. Après accord verbal avec Mr MIRONE, j’envoie la liste détaillée des fournitures à Accastillage Bernard. Une copie pour M. MIRONE, une pour M. HARRIS et une pour le service commercial, soit disant décideur. Aucune réponse. Voici presque deux ans que je bataille. Je commence à m’épuiser et règle le Pb seul car le grand départ approche. Coup de bourre à la parution du nouveau catalogue Accastillage Bernard. Mon réservoir est modifié par l’ajout d’une cloison centrale! Nouveau contact avec M. HARRIS. J’ai l’accusé de réception de mon courrier sous les yeux mais ce monsieur m’affirme n’avoir jamais reçu ma demande. Nouveau courrier par fax. Mr Harris me répond avec un aplomb extraordinaire que non, j’ai mal vu, le réservoir n’a pas été modifié sur le nouveau catalogue … Je jette l’éponge. Je ne peux rien faire devant une telle malhonnêteté, un tel mépris du client. Je suis amer mais j’aurai l’occasion de passer devant la boutique à Cannes… A aucun moment je ne leur ai demandé de me changer le réservoir. L’envoi gracieux des pièces pour la modification m’aurait suffit. Le ton peut redescendre.
Mes plus mauvais souvenirs sont liés aux situations orageuses. Comme un bon gaulois, j’ai toujours peur que le ciel me tombe sur la tête. Alors je me rassure en installant à l’avance une chaîne au pied de mât. Elle trempe dès que la menace se confirme. Un morceau de tuyau en plastique préserve la coque et le rail de fargue du ragage. Je débranche ce qui peut l’être facilement, surtout l’antenne de VHF, utilise un GPS sur accus et coupe le contact général. Malgré tout, je flippe toujours.
Je rigole bêtement quand je vois de superbes portiques à l’arrière des gros bateaux. Il s’y emmêle rafale d’antennes, une voir deux éoliennes et, caché au milieu, des panneaux solaires bien à l’ombre et le plus souvent fixes. Dépense inutile car rendement médiocre. Par contre je m’amuse beaucoup moins en voyant des bateaux récents où les proprios ont négligé ce point primordial en croisière tout en voulant tout le confort « moderne » à bord. C’est minimum une heure de moteur par jour. Nul.
Mon équipier, venu me retrouver en Guadeloupe juste pour m’accompagner et me supporter pendant les 4500 Milles du retour en deux mois. Je l’ai connu en 1992. Il était en terminal au lycée à Nevers et j’étais son prof de dessin industriel. Depuis nous avons beaucoup ri, passé le monitorat de voile ensemble puis partagé un bateau « logement » à Ajaccio. Nous sommes tous les deux nivernais et avons appris la voile sur ses plans d’eau intérieurs, chanceux d’avoir deux bases départementales de loisirs.
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